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Les
cas cliniques du Dr. Shi Jiulong |
Cas 1
Jeune femme de 22 ans - juin 2001 - fièvre
d'origine virale
Il y a une semaine, la patiente se met
subitement à avoir une forte fièvre avec gonflement de
ganglions derrière l’oreille, à l’aisselle et dans
l’aine. Le généraliste qui est consulté prescrit de
l’aspirine et fait faire une analyse sanguine qui indique la
présence d’un adénovirus. Pas de traitement consécutif.
Seule prescription le repos. Elle est déclarée en incapacité
de travail.
Première visite
Le jour de la consultation en médecine
chinoise, la patiente se plaint des symptômes suivants :
chaque soir fièvre basse avec frissons pendant près d’une
demi-heure, fatigue et toujours envie de dormir, se réveille
souvent la nuit, beaucoup de rêves, ganglion gonflé et induré
derrière l’oreille gauche, transpiration furtive, la sueur étant
collante, bouche sèche et soif, mais sans désir de liquides
froids, miction trouble, pouls rapide, mou et légèrement
glissant, pointe de la langue rouge.
Diagnostic : attaque externe
d’humidité chaleur du type wen bing se combine avec les
glaires et produit une maladie ressemblant à luoli, les boules
multiples (aussi : scrofule)
Principes thérapeutiques :
filtrer l’humidité chaleur avec des herbes fades et neutres,
ramollir et disperser le masses, transformer les glaires
Formule : une combinaison de Gan
Lu Xiao Du San et San Ren Tang, plus des herbes salées et fraîches
pour ramollir la masse. 100 g par jour pendant 3 jours.
Deuxième visite (cinq jours après la
première consultation)
La fatigue, la transpiration, la soif et le
sommeil sont normaux. La fatigue est partie. L’urine est
normale.
Il reste trois symptômes. D’une part la fièvre
avec frissons, tous les soirs de 21 h à 21.30 h. Et le
gonflement du ganglion rétro-auriculaire. Tension et douleur
des épaules et du haut du dos. Pouls en corde.
Le Dr. Shi Jiulong constate que l’humidité
chaleur d’origine externe qui s’était répandu dans tout le
système a été pour la plus grande partie éliminée. Il reste
cependant un résidu dans le shaoyang. Il opte pour un
traitement acupunctural en dispersion : Qiuxu, Waiguan,
Zusanli, le tout en dispersion. Il conseille à la patiente
d’attendre deux jours pour constater l’évolution. Trois
jours plus tard la patiente téléphone que tous les symptômes
ont effectivement disparu.
Commentaires : bien que la maladie
ait bien réagi au traitement, le Dr Shi aurait pu faire mieux.
Sa formule d’herbes traitait efficacement la pénétration de
l’humidité chaleur dans le corps, mais il a négligé la présence
spécifique du pathogène dans le shaoyang, comme l’indiquait
pourtant la localisation des ganglions. S’il avait repris dans
sa formule une combinaison comme Xiao Chaihu Tang ou Hao Qin
Qing Dan Tang, la maladie aurait probablement été entièrement
éradiquée en trois jours. Mais le traitement était assez
correct pour obtenir l’effet désiré et les symptômes résiduels
indiquaient manifestement un syndrome shaoyang léger. Comme la
maladie était en train de partir, il ne fallait plus un
traitement très fort. Ainsi l’acupuncture a permis d’accélérer
le mouvement par le soutien du zheng qi et la libération du
shaoyang.
Remarque : voilà un cas typique où
la non intervention de la médecine occidentale peut causer
problème. Il est évidemment positif qu’un médecin ne traite
pas quand il ne dispose pas des moyens pour intervenir
efficacement, comme c’était le cas ici. Mais la seule
alternative qu’il pouvait prescrire était le repos. Pas de
problème tant que le patient est fort et peut s’auto-guérir.
Mais si le pervers est fort ou quand le zheng qi du patient est
affaibli, le pervers peut s’installer et causer ainsi une
fatigue chronique débilitante, qui peut durer des années. Un
jour peut-être un généraliste aura le réflexe d’envoyer
son patient chez un médecin chinois pour ce genre de problème.
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