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Les
cas cliniques du Dr. Shi Jiulong |
Cas 1
Un homme de 68 ans. Diabète sous
contrôle par les herbes chinoises.
Il souffre d’une cystite depuis
10 jours. Elle a commencé par la survenue soudaine d’une
forte fièvre accompagnée d’incontinence urinaire. Il
commence par prendre de l’aspirine qui le fait abondamment
transpirer. Sa miction est très foncée, fréquente et vient en
petites quantités, mais sans douleur. Il consulte son médecin
généraliste qui fait pratiquer une analyse où on constate la
présence de sang occulte dans l’urine. Il lui est prescrit
des antibiotiques. Le lendemain sa fièvre est descendue à 37,3°C.
Un nouvel examen permet de découvrir la présence d’une
petite lithiase au niveau de la prostate, accompagné du
gonflement de cette dernière. Comme les médicaments n’ont
fait que diminuer la fièvre, mais que la miction ne change pas,
le patient décide de consulter le docteur Shi.
Celui-ci voit à un patient en sérieuse
surcharge pondérale, assez agité, présentant les symptômes
de miction déréglée comme décrit précédemment, sans
sensation de chaud ou de froid, malgré une température de 37,3°C
au thermomètre, douleurs du dos, des épaules et des lombes.
Ses selles sont molles et très odorantes. Le pouls est
glissant, mou, légèrement accéléré. L’enduit lingual est
gras.
Diagnostic :
Prescription : Cheng Shi
Bixie Fen Qing Yin modifié pour trois jours, à raison de 100 g
par jour.
Résultats : après trois
jours tous les symptômes sont partis. De nouvelles analyses et
examens en médecine occidentale indiquent que la maladie est guérie.
Le patient a fait l’objet
d’une attaque externe qui a causé la fièvre et les douleurs
musculaires. L’aspirine a fait transpirer, mais n’a pas
vraiment libéré la surface. Suite à cela, le pervers est entré
dans l’interne et s’est combiné avec l’humidité présente
pour former de l’humidité chaleur qui est descendue à la
vessie, produisant ainsi un re lin, diagnostiqué en médecine
occidentale comme une cystite.
On aurait pu penser en premier
lieu à la formule Ba Zheng San, le classique des cystites aiguës.
Or il faut bien différencier. Ba Zheng San s’adresse à un
syndrome de plénitude de la chaleur, marqué par la douleur et
l’urine foncée, contenant souvent du sang. Dans ce cas, il
n’y avait pas de douleur ni de sang (le sang occulte ne
pouvant être pris en compte pour le diagnostic de la médecine
chinoise). L’ouverture et la fermeture de la vessie étaient
perturbée par une humidité chaleur dans laquelle l’humidité
dominait. C’est donc cette dernière qu’il fallait traiter
en priorité.
Il y a un autre aspect intéressant
dans ce cas. Au moment de la première attaque, marqué par une
forte fièvre, le patient souffrait d’incontinence. Cela
indique que le blocage du méridien taiyang vessie dans le haut
a causé la perte du contrôle dans le bas. La fonction de
transformation de la vessie étant affaiblie, celle-ci pouvait
facilement accueillir le pervers qui suivait la voie du méridien.
Mais comme c’est le vide qui primait, il ne s’est formé ni
un syndrome de stagnation du qi de la vessie ni un syndrome de
plénitude chaleur de la vessie. Simplement, l’humidité,
chargée du trouble de la chaleur, a envahi ce fu et perturbé
ses fonctions, mais sans qu’il n’y ait des symptômes très
aigus. C’est d’ailleurs ce qui explique le manque d’effet
d’un traitement aux antibiotiques, qui donne en général des
résultats très satisfaisants dans les cystites aiguës.
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